Eau et assainissement liquide au Maroc


Outre la nécessité de faire face aux défis de la rareté des ressources en eau pour répondre aux besoins accrus et accompagner les grands chantiers de développement, le Maroc devra également faire face aux pressions que subissent ces ressources notamment par les effluents urbains et les rejets industriels qui s'y déversent généralement sans traitement préalable. Ainsi, les ressources mobilisables en eau sont de plus en plus menacées par des sources de pollution qui ne cessent de se multiplier et se diversifier et dont l'impact négatif se traduit directement par des déséquilibres écologiques.

Des quantités importantes de polluants d'origine domestique sont déversées dans les milieux naturels récepteurs. Les volumes annuels des rejets des eaux usées des villes ont fortement augmenté au cours des trois décennies. Ils sont passés de 48 millions à 500 millions de m3 de 1960 à 1996 pour atteindre 700 millions de m3 en 2010. De même, les prévisions établies montrent que ces rejets continueront à croître rapidement pour atteindre 900 millions de m3 à l'horizon 2020.

Jusqu’en 2005, date de l’adoption du Programme National d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux Usées (PNA), le secteur de l’assainissement liquide au Maroc a accusé un retard considérable caractérisé par :
  • Une faible priorité accordée aux enjeux de la gestion des eaux usées et aux besoins des opérateurs.
  • Une couverture partielle des réseaux qui sont souvent vétustes et saturés. Le taux de raccordement au réseau estimé à environ 70%.
  • Un nombre limité de STEP alors qu’en 2005, un volume de 600 Millions de m3 d’eaux usées urbaines a été rejeté sans traitement préalable ainsi que 59 Mm3 d’eaux usées industrielles. Le niveau d’épuration des eaux usées était estimé à seulement 8%.
Le coût annuel du sous-assainissement a été estimé par la Banque Mondiale en 2003 à 4,3 milliards de DH soit 1,2% du PIB.

A l’occasion de sa session de juin 2001, le Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat (CSEC) a classé le secteur de l’assainissement liquide au rang de priorité nationale et en avril 2002, la Commission Interministérielle de l’Eau a adopté une recommandation consistant à élaborer un Programme National d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux Usées (PNA).

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